L'influence de l'hiver au Québec (11 ans icitte)
L’hiver au Québec dure presque la moitié de l’année, c’est vraiment beaucoup! Ça commence fin octobre jusqu’à début avril! Incluant le gros manque de lumière naturelle pendant 3 mois.
Avec le froid agressif et le manque de luminosité, les gens ont beaucoup tendance à se replier sur eux-mêmes, ce que je comprends tout à fait. Les déplacements sont plus risqués, il faut constamment déneiger pour pouvoir circuler. Pas le choix de s’habiller avec 3-4 couches de vêtements à chaque sortie extérieure, ça prend du temps, c’est contraignant et il faut se lever plus tôt pour s’habiller et déneiger la voiture.
Le climat nordique restreint les opportunités, stresse et déprime les gens. On n’a pas envie de parler au monde, il y a beaucoup moins de spontanéité, on est cachés dans notre manteau et dans notre tuque, on s’empresse d’arriver à l’intérieur. On est fatigué par la glace, le froid et la faible luminosité qui durent des semaines.

L’hiver nous fige et nous gèle. Le temps s'arrête, notre vie est sur pause et on est en attente que ça se finisse, et ça me déprime qu’il reste encore 5 mois à endurer ce climat.
Cette influence a rendu les gens moins sociables et plus accrochés au confort du foyer dans leur cocon. Les gens se retirent de l’extérieur pour hiberner. L’habitude de l’hiver a amené les gens à s’isoler plus facilement. Toutefois, il y a aussi des personnes qui adorent l’hiver pour faire du ski et du skidoo.
J’observe qu’au Québec, même si l’hiver est très contraignant, l’été devient une période où les gens supportent difficilement la chaleur quand il fait 30 degrés. Ils sont tellement habitués à vivre dans un climat nordique que la température en été leur paraît apocalyptique et ils ont l’impression qu’ils vont mourir de chaud. Pour eux, 30 degrés c’est la grosse canicule et la vie est un enfer sans air climatisé. Je viens du sud de la France, et 30 degrés c’est rien. Mais je comprends aussi que pour les québécois - 20 degrés c’est une habitude, alors qu’en France on pense que c’est invivable et qu’on va mourir gelés.
Il y a quelque chose dont je me souviendrai toujours, c’est quand j’étais à Montréal en mars 2014, je voyais tout le monde heureux avec la joie de vivre. Je me suis demandée ce qu’il se passait ici... Et c'est plus tard (en années) que j’ai compris que les gens revivaient à la fin de l’hiver. Ce jour-là était ensoleillé, les gens étaient contents de vivre et d’être dehors. J’avais jamais vu ça auparavant, voir autant de gens heureux dans la rue. C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’hiver changeait beaucoup le comportement des québécois-es qui ont appris la patience et la résilience de l’hiver.



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